L’incontinence urinaire touche près de trois millions de personnes en France. Réel enjeu de santé publique, sa prise en charge reste cependant complexe, car ses causes sont multiples.
Parmi elles, les cancers et leurs traitements. Ces derniers demeurent néanmoins une étape difficilement évitable pour les patients. Malheureusement, chimiothérapie, radiothérapie et hormonothérapie se révèlent être de véritables déclencheurs des dysfonctionnements du système urinaire.
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Incontinence urinaire : différentes causes, différents types
L’incontinence urinaire se caractérise par des fuites involontaires d’urine dues à une perte du contrôle de la vessie. Sujet encore tabou, ce désagrément isole la personne qui en souffre, jusqu’à la voir parfois sombrer en dépression.
Pour remédier à cette situation et en fonction du type d’incontinence urinaire, différents traitements ont été développés. Cependant, en attendant la résorption du dysfonctionnement, il existe des protections urinaires pour adultes. C’est ce que propose notamment Sphère-Santé, au travers d’une large gamme de produits (coquilles, slips absorbants, etc.).
Les causes de l’incontinence urinaire
L’une des principales causes de l’incontinence urinaire provient du vieillissement. Chez la femme, la diminution d’œstrogènes engendrée par la ménopause affaiblit le périnée et les sphincters. Plus généralement, les années qui s’accumulent entraînent une usure du corps auquel n’échappe pas le système urinaire.
En effet, plus d’un quart des personnes de plus de quatre-vingt-cinq ans souffrent de ces troubles. À ce vieillissement physique s’ajoute également le risque d’une dépendance mentale, voire le développement de maladies neurologiques. Or, l’incontinence est souvent un effet collatéral.
Pour les personnes âgées, la solution la plus adaptée reste encore l’usage de protections. Dans le cas de patients atteints de la maladie d’Alzheimer, ces langes peuvent être doublés par l’utilisation d’une grenouillère, qui assure ainsi un bon maintien.
Les maladies neurologiques touchent aussi les plus jeunes. En s’attaquant au cerveau, elles affectent le contrôle du système urinaire et provoquent fuites et incontinence.
À la suite d’un AVC (Accident Vasculaire Cérébral), 80% des personnes souffrent de ce dysfonctionnement. 20% d’entre elles ne retrouveront jamais un usage normal. Le diabète, la sclérose en plaques et l’alcoolisme chronique sont quelques-unes des autres maladies neurologiques pouvant être à l’origine d’une incontinence urinaire.
Cependant, les causes sont multiples. Citons encore :
- L’obésité, qui va entraîner une trop grande pression sur le sphincter
- Une intervention chirurgicale (ablation de la prostate par exemple)
- Un accident (traumatisme de la colonne vertébrale, fractures des os pelviens, etc.)
- Une infection des voies urinaires ou de la vessie
- Un cancer
- Le caractère héréditaire d’une qualité plus ou moins bonne des muscles du périnée
Les différents types d’incontinence
Le terme d’incontinence urinaire englobe en réalité différents types de dysfonctionnements :
Incontinence à l’effort.
Lors de la réalisation de certaines actions (soulever des objets, éternuer, pratiquer une activité sportive), la pression dans l’abdomen augmente. Celle-ci va exercer un poids sur la vessie. Si le sphincter n’est pas assez efficace, un écoulement d’urine non souhaité se produit.
Incontinence d’urgence.
Ce type de dysfonctionnement se caractérise par un sentiment pressant d’uriner. Dès lors, il devient impossible de contrôler sa vessie, qui se vide.
Incontinence par regorgement. Elle se reconnaît à de fréquentes envies d’uriner, une difficulté à le faire et une sensation de vessie encore pleine.
Incontinence fonctionnelle.
Cette incontinence résulte de problèmes moteurs, cognitifs ou environnementaux. Il s’agit par exemple d’une personne qui éprouve des difficultés à marcher et qui ne peut arriver à temps aux toilettes.
Incontinence continue.
Elle se définit par une absence totale de maîtrise du système urinaire.
Le cancer, une cause particulière d’incontinence urinaire
Dans le cas d’une pathologie cancéreuse, l’incontinence urinaire se retrouve à différents niveaux. En effet, elle peut être le premier symptôme révélateur du développement d’un cancer, notamment dans la région pelvienne. Cependant, il est également possible qu’elle intervienne plus tardivement, alors que le diagnostic a déjà été posé. Enfin, l’incontinence urinaire est aussi une conséquence indésirable des traitements mis en place.
Les cancers à l’origine d’incontinence urinaire
Les cancers à l’origine d’incontinence urinaire sont généralement localisés dans la région pelvienne, c’est-à-dire au niveau du bassin. En se développant, les cellules malades s’attaquent aux muscles et aux nerfs, provoquant un dysfonctionnement du système. Le cancer de la vessie est l’un des plus fréquents.
Il débute souvent sur la membrane interne de l’organe, pour s’étendre ensuite à ses différentes couches. Cette détérioration des parois entraîne alors une incontinence urinaire. Le cancer colorectal est lui aussi une cause courante de ce dysfonctionnement. Il se déploie généralement à partir d’un polype (une excroissance de la muqueuse). En se développant, il gagne les organes proches, comme la vessie ou l’urètre.
Il existe également des cancers spécifiques au genre et liés aux troubles du système urinaire. Chez les hommes, il touche notamment la prostate, le cancer masculin le plus répandu. La maladie, mais aussi son opération, peuvent causer des problèmes. Chez les femmes, citons le cancer de l’utérus ou de son col. Cette tumeur, qui se développe généralement via le muscle utérin, peut entraîner des fuites et nécessiter une intervention chirurgicale.
Enfin, d’autres cancers éloignés de la région pelvienne peuvent engendrer une incontinence urinaire :
- Les cancers du cerveau et de la moelle épinière s’attaquent aux nerfs. Ceux-ci ne peuvent alors plus remplir leurs fonctions habituelles.
- Le cancer du sein. À l’origine d’un dérèglement hormonal, il peut dessécher l’urètre et rendre difficile la maîtrise de sa vessie.
- Le cancer du poumon ou de l’œsophage. Ils entraînent une toux fréquente qui finit par exercer une pression incontrôlable sur la vessie.
Les traitements contre le cancer : des déclencheurs de l’incontinence urinaire
Le cancer est une pathologie grave qui nécessite une prise en charge rapide et efficace. Cependant, pour résorber les cellules cancéreuses, les traitements se révèlent souvent agressifs pour l’organisme et les effets secondaires sont nombreux. L’incontinence urinaire est l’une de ces conséquences indésirables. Il est possible que ce dysfonctionnement disparaisse avec le temps, mais il peut néanmoins ne jamais se rétablir.
La chimiothérapie est parmi les soins les plus répandus. Elle consiste en une administration de substances chimiques destinées à combattre les cellules malades. Cependant, elle contient en même temps des agents pouvant causer des lésions nerveuses et faire baisser le taux d’hormones. De plus, dans le cas d’une forte dose (en vue d’une greffe de cellules souches), il n’est pas rare de constater une inflammation de la vessie. Tous ces effets secondaires peuvent alors provoquer une incontinence urinaire.
Néanmoins, les alternatives à ce traitement ne sont pas sans conséquence sur le système urinaire. En effet, une radiothérapie localisée dans la région pelvienne peut irriter la vessie. Quant à l’hormonothérapie, elle aura tendance à assécher l’urètre. Enfin, une opération dans la région du bassin pour retirer une partie de l’organe malade peut endommager les muscles et les nerfs alentour.